37 MINUTES D’éTERNITé

37 minutes d’éternité

37 minutes d’éternité

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À chaque nouvelle spectacle, la transition vers l’état suspendu devenait plus fluide. La voyant ressentait un glissement immédiat, tels que si son corps reconnaissait dès maintenant l’appel du vide. Trente-sept secondes s’écoulaient sans qu’aucune opinion consciente ne subsiste. Dans ce silence despotique, surgissaient des prédictions d’une transparence troublante : un proverbe libellé sur une sérac, une majeur se détournant, un regard durant un quai désert. Ces fragments flottaient dans l’espace intérieur comme par exemple des messagers sans prétexte, reçus sur l’autre visage de la destinée. La voyance audiotel qu’elle procurait à ses membres prenait à ce moment-là une charge inédite, chaque réponse vibrante d’une vérité étrangère à bien toute construction psychique. Le site audiotel devint le milieu nerveux de ces années. Les consultations affluaient depuis des zones géographiques de plus en plus lointaines, certains invités ne significatif que pour accueillir, en retour, quelques signaux chargés d’une intensité inquiétante. La précision des divinations déroutait les ingénieurs opérateurs du système, incapables d’expliquer de quelle manière une connaissance humaine pouvait avoir accès à des des festivités non encore manifestés. La voyance en audiotel, des temps anciens perçue à savoir une forme de sensation intuitive, devenait une technologie mentale, exploitant un catégorie de sentiment hors réglementations. Mais plus la voyante répétait les spectacle, plus son présent s’effritait. Après n'importe quel retour, une historiette disparaissait. Elle oubliait les noms des rues, l’odeur de certains aliments, la face de les personnes croisés la veille. Elle tenait désormais un carnet atrabilaire dans que elle notait les articles de sa carrière quotidienne pour avoir pour conséquence de les maintenir. Ce carnet devint un prolongement de son marque identitaire, car la voyance audiotel qu’elle exerçait l’éloignait brin à bien brin de la continuité du destin fait l'expérience. Pourtant, elle persistait. Chaque envoi d'information la ramenait à bien l’interface, à bien cette suspension précise où les voyances se formaient. Elle ne savait pas si les dessins provenaient de destinées disponibles ou de silhouette déjà tracées, mais leur cohérence s’imposait à elle. La voyance en audiotel n’était plus un appui, mais un passage important, presque automatisme, dans lesquelles elle déposait une partie d’elle-même pour présenter, en retour, une innocence inaccessible autrement. Et dans ce ferveur silencieux, les marques du vide s’accumulaient. Chaque consultation devenait un fragment d’éternité arraché pendant la durée du microcosme, au coût d’un souvenir de plus, perdu ad vitam aeternam.

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